Apercu - Portail citoyen (LTA-003)

Portail citoyen : les 8 fonctions à vérifier avant de choisir

Les démonstrations de portails citoyens se ressemblent toutes. Les écarts apparaissent en production, une fois les premières démarches ouvertes.

portail citoyen guichet unique FranceConnect

Décisions

Ce que cet article vous aide à décider

Distinguer un vrai portail citoyen d'un simple portail de téléservices.
Vérifier qu'un compte usager unique couvre la famille, l'association et l'entreprise.
Exiger un suivi des demandes poussé par le back-office, pas ressaisi par un agent.
Choisir un socle qui soit un référentiel usager, pas une base de formulaires.
L'essentiel en bref

Un bon portail citoyen se reconnaît à cinq exigences : un catalogue consultable sans compte, avec simulateur d'éligibilité sur les aides ; un compte usager unique couvrant la famille, l'association et l'entreprise ; un suivi remonté automatiquement du back-office plutôt que ressaisi ; tous les canaux (web, e-mail, courrier, téléphone, guichet) dans un même circuit ; et un socle qui soit un référentiel usager, pas une base de formulaires.

Voici les huit fonctions qui font la différence, et la question à poser à chaque éditeur pour les vérifier.

Portail citoyen ou guichet unique numérique ?

Les deux termes désignent la même chose : un service global, composé de plusieurs outils, qu'une collectivité met à disposition des usagers de son territoire.

Attention à la confusion, fréquente. Le « guichet unique » désigne aussi la plateforme de l'INPI par laquelle transitent les formalités des entreprises depuis 2023. Rien à voir avec le portail d'une collectivité.

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Chiffre cléBriques composent un portail citoyen, malgré le mot « unique » : les démarches en ligne, l'accueil multicanal et la gestion de la relation usagers.

La grille de vérification

Un aperçu des huit fonctions et de la question à poser pour chacune. Le détail suit, point par point.

Fonction La question à poser en démonstration
1 · Catalogue de services Peut-on consulter l'offre sans créer de compte ?
2 · Compte usager unique Gère-t-il ma famille, mon association et mon entreprise ?
3 · Suivi des demandes L'avancement est-il poussé par le back-office ?
4 · Convergence des canaux Le courrier et le téléphone suivent-ils le même circuit que le web ?
5 · Base de connaissances Deux agents donnent-ils la même réponse ?
6 · Prise de rendez-vous Fonctionne-t-elle aussi côté agent ?
7 · Socle CRM Référentiel usager ou base de formulaires ?
8 · Conformité RGPD et RGAA paramétrables sans développement ?

1. Le catalogue est-il consultable sans compte ?

Comme sur un site marchand, l'usager doit pouvoir parcourir l'offre avant de se connecter, et la filtrer par thématique ou par profil.

Le catalogue devient alors un outil de communication autant qu'un point d'entrée administratif. Certaines démarches doivent d'ailleurs rester accessibles sans compte : le RGPD demande que la création d'un compte soit justifiée par la finalité du service.

Bon à savoir

Intégrez un simulateur d'éligibilité

Sur les aides et subventions au règlement précis, intégrez un simulateur d'éligibilité dans la fiche de service. L'usager sait immédiatement s'il peut y prétendre. Les agents cessent d'instruire puis de rejeter des dossiers irrecevables. C'est l'économie la plus rapide à obtenir sur un dispositif à fort volume.

2. Un seul compte suffit-il pour tous les profils ?

Un habitant doit pouvoir déposer et suivre des demandes pour sa famille, pour l'association qu'il préside et pour son entreprise, depuis un compte unique.

Ce n'est pas un confort. C'est la condition pour permettre la connexion via FranceConnect, qui repose sur l'identité d'une personne physique.

À vérifier également : la connexion des profils personnes morales aux API nationales sur les associations et les entreprises, et la possibilité de rattacher plusieurs personnes morales à un même compte.

Attention

Le consentement reste obligatoire, même via FranceConnect

Même après une connexion FranceConnect, il faut demander systématiquement à l'usager son autorisation explicite avant d'aller chercher des données auprès des fournisseurs de données, par exemple ses données fiscales. Le gain reste considérable : ces données fiabilisées suppriment les justificatifs à produire et à vérifier.

3. L'usager voit-il l'avancement réel de sa demande ?

C'est ce qui sépare un portail de téléservices d'un vrai portail citoyen. Beaucoup de solutions permettent de déposer. Nettement moins permettent de suivre.

Le suivi comporte deux volets : l'état d'avancement, poussé par le back-office d'instruction et non ressaisi par un agent ; et les communications liées (notifications, e-mails, documents échangés).

Prévoyez aussi le suivi par numéro de demande, pour les démarches sans authentification. Un usager qui signale un nid-de-poule sans créer de compte doit savoir ce qu'il en est advenu.

Sans cette remontée automatique, le portail crée une attente qu'il ne sait pas satisfaire. Les appels au standard augmentent au lieu de baisser.

4. Tous les canaux entrent-ils dans le même circuit ?

L'accueil multicanal consiste à faire converger tous les flux entrants vers les postes d'accueil : téléservices, e-mails, courriers, téléphone, guichet, réseaux sociaux.

Les mécanismes de rattachement reposent sur des API et doivent éviter toute ressaisie : exploitation des métadonnées, captation automatique des e-mails, couplage téléphonique.

Un portail qui traite parfaitement le web mais laisse le courrier et le téléphone de côté ne produit pas une relation usager unifiée. Il produit un canal de plus. C'est aussi une question d'organisation, que nous traitons dans notre article sur la gouvernance de la GRU.

Passer à l'action

Comparez les portails sur pièces, pas sur slides.

La différence entre deux portails apparaît en production. Faites-nous dérouler ces critères sur l'une de vos démarches à fort volume.

5. Deux agents donnent-ils la même réponse ?

Les services d'accueil doivent disposer d'une base de connaissances commune : fiches de procédures et fiches d'information, communicables oralement ou par e-mail sans réécriture.

C'est la définition la plus simple de la qualité de service. Vérifiez le moteur de recherche associé : sans thésaurus ni plan de classement multi-axes, les agents ne trouvent pas la fiche et reviennent à leurs notes personnelles.

6. La prise de rendez-vous fonctionne-t-elle côté agent ?

Le module est presque toujours proposé côté usager. Il est plus rarement disponible en back-office.

Un agent doit pouvoir poser un rendez-vous pour un usager qui appelle ou se présente au guichet. Sinon, la collectivité gère deux plannings à réconcilier, avec les doublons et les créneaux perdus que le module devait supprimer. Question simple à poser en démonstration, rarement anticipée.

7. Référentiel usager ou base de formulaires ?

Un portail citoyen gagne à s'appuyer sur un socle CRM. Le CRM public constitue un véritable référentiel usagers et apporte la traçabilité et l'historisation des demandes et des échanges, la gestion des délais de traitement, l'unicité des informations sur les personnes physiques et morales, et une vision 360 côté usager comme côté institution.

Cette connaissance permet ensuite d'analyser les besoins et de mesurer la satisfaction. Une base de formulaires ne le permettra jamais, quel que soit le nombre de démarches en ligne.

Bon à savoir

Un CRM standard n'est pas conçu pour le service public

Les CRM standards sont conçus pour gérer des relations commerciales : le vocabulaire ne correspond pas, les objets gérés non plus. Les adapter au secteur public représente un chantier considérable. C'est le travail que nous avons mené avec Open GRU.

8. La conformité est-elle paramétrable ?

Sur le RGPD. L'opposition entre CRM et RGPD n'a pas lieu d'être : elle n'est jamais soulevée dans le privé, où toutes les entreprises utilisent un CRM. Le sujet n'est pas l'outil mais son paramétrage. La solution doit permettre de configurer la visibilité des données et documents selon la finalité du service, les accès par profil d'agent, ainsi que le droit à l'oubli et les durées de conservation. La bonne réponse consiste à cloisonner les habilitations, pas à multiplier les bases.

Sur l'accessibilité. Le RGAA est une obligation légale. Elle se joue sur les points de friction : formulaires longs, sélecteurs de dates, envoi de pièces jointes, dispositifs de signature électronique. Une démarche inaccessible sur une seule étape est inaccessible tout court. Demandez la déclaration d'accessibilité et le taux de conformité, pas une mention commerciale.

À télécharger

Guide des mentions obligatoires

Notre guide « 10 mentions à intégrer sur les portails usagers publics » récapitule les obligations à ne pas oublier. Le télécharger.

Les 3 erreurs les plus fréquentes

Ouvrir trop de démarches d'un coup. Quarante téléservices simultanés, c'est aucune formation possible et aucune mesure exploitable. Mieux vaut cinq démarches à fort volume, suivies et ajustées.

Oublier les canaux non numériques. Si le courrier et le téléphone restent dehors, le portail ajoute un canal au lieu d'unifier l'existant.

Traiter l'accessibilité en fin de projet. Reprise après coup, elle coûte bien plus cher qu'intégrée dès la conception des formulaires.

Checklist à emporter en démonstration

À cocher au fil de la démonstration

  1. Consultation du catalogue sans compte
  2. Simulateur d'éligibilité sur au moins une aide
  3. Compte unique multi-profils, connecté à FranceConnect
  4. Avancement poussé automatiquement par le back-office
  5. Suivi par numéro pour les démarches sans compte
  6. Captation des e-mails et couplage téléphonique
  7. Base de connaissances avec moteur de recherche
  8. Prise de rendez-vous disponible en back-office
  9. Habilitations par profil d'agent
  10. Déclaration d'accessibilité et taux de conformité RGAA

Une case qui reste vide en démonstration est une question à poser avant de vous engager.

Comment Open CRM répond à cette grille

Notre suite est construite sur un référentiel usager unique, sur lequel se greffent les modules métiers : portail usagers, prise de rendez-vous, signature, base de connaissances.

Le middle office capte les canaux web, e-mail, courrier, téléphone et guichet, et les fait converger vers un même circuit de traitement. L'architecture no-code permet aux équipes de faire évoluer formulaires et règles de routage sans développement. Open CRM s'intègre aux logiciels métiers existants via connecteurs et API.

Solution éditée en France, référencée à l'UGAP et à la CANUT. Deux mises en œuvre concrètes : le portail des démarches de la Creuse et le service multicanal Allo Séniors à Chalon-sur-Saône.

Passez à l'action

Testons cette grille sur vos propres démarches

Nous déroulons les huit points avec vous, à partir d'un dispositif réel de votre collectivité.

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Questions fréquentes

Quelle différence entre un portail citoyen et un guichet unique numérique ?

Aucune dans le secteur public local, les deux termes sont synonymes. Le « guichet unique » désigne en revanche aussi la plateforme INPI des formalités d'entreprises, sans rapport avec les collectivités.

Faut-il obliger l'usager à créer un compte ?

Non. Le RGPD demande que la création d'un compte soit justifiée par la finalité du service. Un signalement de voirie doit rester accessible sans authentification, avec un suivi par numéro de demande.

Un portail citoyen doit-il être connecté à FranceConnect ?

Ce n'est pas obligatoire, mais fortement recommandé. FranceConnect simplifie l'authentification et donne accès à des données fiabilisées qui suppriment des justificatifs, sous réserve du consentement explicite de l'usager.

Combien de démarches mettre en ligne au démarrage ?

Mieux vaut commencer par cinq démarches à fort volume, mesurer les usages et ajuster, plutôt que d'ouvrir l'ensemble du catalogue sans capacité de suivi.

Un portail citoyen est-il soumis au RGAA ?

Oui. L'accessibilité des services numériques publics est une obligation légale, qui impose la publication d'une déclaration d'accessibilité et d'un taux de conformité.

Quelle différence entre un portail de téléservices et une GRU ?

Un portail de téléservices permet de déposer des demandes. Une solution de gestion de la relation usagers y ajoute le référentiel usager, la convergence des canaux et le suivi du traitement en back-office.

Hervé Astier
Directeur de l'offre GRU et portail chez Nexpublica

Il intervient auprès des collectivités en tant que directeur de projet et expert portail.

Sources

RGPD ; RGAA ; FranceConnect ; guichet unique des formalités des entreprises (INPI).